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Personne

Personne, Gwenaëlle Aubry, éditions Mercure de France

PERSONNE,le roman de GWENAELLE AUBRY, sous forme de roman abécédaire en vingt-six chapitres, aborde la figure d'un père, par ailleurs juriste de renom, basculé dans la folie, disparu avant sa propre mort. De ces vingt-six angles de vue, l'auteur aborde Personne. Personne comme l'absence d'un être, Personne comme l'identité morcelée et souffrante de cet être dont elle fait résonner la voix éteinte. En tous points admirable.
Denis Laborey - Décembre 2009

15€

Retour aux mots sauvages, Thierry Beinstingel, éditions Fayard

Retour aux mots sauvages, Thierry Beinstingel, éditions Fayard

Un autre livre à découvrir est celui de Thierry Beinstingel. Eric vient de retrouver un travail : il est téléopérateur dans une grande entreprise. Il était électricien, il ne travaille maintenant qu’avec des mots, des mots dictés par d’autres… Un travail très bien décrit, qui va en broyer certains. Un homme aussi, décrit dans toute son épaisseur, sa faiblesse et sa force. A lire !

Denis Laborey - 31 août 2010

19€

Les éclaireurs, Antoine Bello, éditions Gallimard

Les éclaireurs, Antoine Bello, éditions Gallimard

Depuis douze ans, Sliv travaille au C.F.R – une organisation secrète qui emploie des agents de toutes nationalités pour falsifier la réalité – ignorant la finalité de son projet. Regroupant indices et révélations, il espère un jour découvrir ce secret si bien gardé et que celui-ci soit en harmonie avec ses propres convictions.
Mais voilà, le 11 septembre 2001 arrive. Nous connaissons tous son histoire, mais représente-t-elle vraiment la vérité ? Certains faits ne sont-ils pas l’œuvre d’un falsificateur ? Et si le C.F.R n'était pas en accord avec les idéaux de Sliv ? Pour le découvrir : de nombreuses nuits blanches et une centaine de dossiers à rouvrir.
A travers ses personnages, Antoine Bello nous montre comment on peut réagir face à un conflit : Sliv, jeune homme rêveur et naïf, croyant au pacifisme ou Lena déterminée à parvenir à ses fins quoi qu’il en coûte ou encore Youssef prêt à mettre l’organisation en péril au profit de la paix. Quoi qu’il en soit, l’auteur nous apprend que nous pouvons emprunter divers chemins pour atteindre notre objectif et que cela n’est jamais facile.

Marilyn Anquetil - Février 2009

6.60€

Aux confins de l’humanité

La montagne morte, Michel Bernanos, collection petite vermillon

7€

La dent du renard, Lucette Finas, éditions Gallimard

14€90

L'ombre des forêts, Jean-Pierre Martinet, collection petite vermillon

8€50

Quinzinzinzili, Régis Messac, éditions L'arbre vengeur

13€

La montagne morte, Michel Bernanos, collection petite vermillon
La dent du renard, Lucette Finas, éditions Gallimard
L'ombre des forêts, Jean-Pierre Martinet, collection petite vermillon
Quinzinzinzili, Régis Messac, éditions L'arbre vengeur

Où en serons nous quand l’homme aura évacué toute humanité de lui-même, quand il ne se reconnaîtra plus, et ses semblables, que sous la forme de fiche anthropométrique, de virtualité ou de ragot colporté, transformé, déformé, ne donnant que l’image d’un rebut, d’un déchet, d’une raclure d’être. Il aura outrepassé son humanité à rebours, pour réincorporé une animalité depuis trop longtemps policée, édulcorée, travestie sous les oripeaux de la civilisation, de la culture. Enfin! un peu de sauvagerie anonyme, de bestialité sans conscience, quel régal…

Quelques ébauches de ces hypothèses parsèment les titres proposés ici, sous des formes hétéroclites quant aux textes et à leurs styles.
De l’écriture volontairement naïve de Michel Bernanos à la subtilité horrifique et baroque de Lucette Finas, de la description tendue de Jean-Pierre Martinet à la narration labyrinthique de Régis Messac, des situations confuses, cocasses, inquiétantes s’entrelacent pour susciter en nous l’étonnement, le frisson ou la perplexité, et au fond nous rassurer quant à la relative tranquillité de notre vie quotidienne…
Des personnages qui nous ressemblent au premier abord comme frères ou sœurs, évoquant un voisin de palier, une aïeule, une connaissance oubliée depuis l’enfance et qui pourtant nous berça de ses sollicitudes culinaires. Des paysages chargés de brumes, désenchantés, à la lisière du quotidien et du fantastique, des lumières plombées de chaleurs hors-natures, certaines scènes se prêteraient volontiers à une caméra aventureuse.
Les tourments de ces résidus d’une humanité volatilisée, réduite en miette par les méfaits de l’Histoire ou d’une société où le visage humain a moins de valeur que la face imprimée des billets, révèlent le drame intérieur de leurs quêtes encloses derrière des yeux hagards où ils cherchent en vain la reconnaissance de l’autre.
L’homme, en danger, est ici un danger pour l’homme, à force de méprises et malgré d’inavouées tentatives d’approches.
Les protagonistes de ces quatre livres ont des caractères bien typés, personnalités attachantes aux vies déglinguées, qui appellent la tendresse malgré ou grâce à leurs faiblesses et à l’effroi de leur drame sous-jacent.

Guillaume d’Enfert – Novembre 2008

Dernières découvertes 2

Varanger, Alain Bernaud, éditions Isolato

"Varanger" d'Alain Bernaud est sous la forme d'un poème entre prose et incantation l'évocation sensible, aux images et sonorités insoupçonnées, des parages peu fréquentés du Grand Nord. En cela il est en connivence avec la réflexion de Franz Schrader, mais sur un mode ténu de sensations subtiles.
Le rythme de la phrase y est souple, ample, avec des aspérités qui en rompent l'apparente volatilité, comme des ponctuations du style.
L'auteur y sème à notre bon vouloir "la graine nue de l'intelligence du monde quand n'existent dehors ni dedans !"

Guillaume d'Enfert - Avril 2010

16€

Sur les routes avec le peuple de France, Marguerite Bloch, éditions Claire Paulhan

Sur les routes avec le peuple de France, Marguerite Bloch, éditions Claire Paulhan

Non, ça n'est pas la route des vacances qu'évoque ce titre, mais celle de l'Exode qu'en des temps néfastes prirent ceux qui croyaient échapper à une guerre qui les rattrapa.
Ce récit trace avec simplicité et acuité le parcours de protagonistes choisis ou de hasard. Il donne un éclairage touchant de ce que peut la solidarité, comme de la terrible ignorance que les peuples ont du destin que dessinent leurs élites à l'aveuglette.
L'appareil critique, les notes et annexes donnent une belle mais cruelle idée des risques consentis par la famille de l'auteur pour défendre son pays, sa liberté d'être, d'agir et de penser.

Guillaume d'Enfert - 4 Août 2010

24€

LE tombeau de Tommy

Le tombeau de Tommy, Alain Blottière, éditions Gallimard

LE TOMBEAU DE TOMMY d' ALAIN BLOTTIERE injustement oublié lui aussi. Il nous introduit dans la tête et la courte vie de Thomas Elek, un des résistants de l'Affiche Rouge, en même temps que dans la tête et la vie d'un jeune de maintenant, Gabriel, qui doit jouer son rôle, et que ce rôle va impitoyablement marquer.
Denis Laborey - Décembre 2009

16€50

Lettres

Lettres, Louis-Ferdinand Céline, collection Pléiade

Les LETTRES de CELINE ont un incontestable intérêt, même si certaines sont insupportables pour leur haine antisémite.
Denis Laborey - Décembre 2009

66€50

usa 1976

USA 1976, William Cliff, éditions la Table Ronde

Un jeune homme prend l'avion pour la première fois de sa vie et se lance dans un audacieux voyage, sans tabous ni clichés. Au gré de son humeur et de ses rencontres, il arpente New York, Boston, San Fransisco... Les grands espaces, les marches éreintantes et puis aussi une fascination, un sourire, une lumière, qui rafraîchissent et donnent de l'élan...

16€

Promenade parmi les tons voisins, Edith de la Héronnière, Isolato

Promenade parmi les tons voisins, Edith de la Héronnière, Isolato

Les textes repris ici après leurs successives parutions en diverses revues, offrent de prime abord la densité propre à ce qui dépasse l'écriture de circonstance. Un fil court de l'un à l'autre qui dessine les contours d'une sensibilité, et même d'une pensée, qui, mûrie longuement, méditée en son intimité, s'étaye et se concentre au cours de multiples lectures. Il y a là une bonne proportion d'affinités électives, d'aimantations instinctives, qu'irrigue le sens de la nécessité et de l'inéluctable, et le tout en beauté.

La langue y joue d'un phrasé souple et tenu à la fois, d'un sérieux jamais dénué d'humour. Les auteurs choisis y sont étudiés à la distance nécessaire à une perception sereine de leurs qualités littéraires, humaines ou morales.

Ainsi, nous découvrons ou retrouvons Italo Calvino, perché sur son Baron, un presque rien de Vladimir Jankélévitch, nous émouvons aux belles évocations de Cristina Campo, de Llewelyn Powys, avons plaisir à l'apparition de Lafcadio Hearn qui semble sortir d'un long purgatoire, Nicolas de Staël y trouve un cadre inattendu.

Nous ne les citerons pas tous d'entrée, mais nous noterons avec émotion la présence du peintre d'origine polonaise Joseph Czapski, pour qui la France fut un refuge et la terre nourricière d'une peinture qu'il mena durant sa longue et tumultueuse vie, librement, sans esprit d'école, d'argent ni de mondanité. Encore une fois, malgré sa renommée et le nombre de ses amateurs hors de France, et que Jean-François Deniau l'ait en passant salué de sa plume, son pays d'élection n'a toujours pas reconnu son oeuvre. Crions donc dans le désert: Une exposition s'impose! .
Combien de temps encore la France restera-t-elle ignorante à ce point de ses richesses ?
(à suivre)

Guillaume d'Enfert - Octobre 2007

17€

Histoires Lapidaires Vézelay, Edith de La Héronnière, Fanlac

Histoires Lapidaires Vézelay, Edith de La Héronnière, Fanlac

Nous sommes conviés à travers ces pages à une promenade aléatoire parmi les chapiteaux de la basilique de Vézelay dont les courts textes, en regard des photographies, remodèlent les thèmes bibliques ou mythologiques gravés dans la pierre pour les traiter à la manière à la fois tendre et caustique de l'auteur.

Comme de petits cailloux blancs, elle sème de "scrupules" ces histoires immémoriales qui ne ressortent pas indemnes de sa lecture mi-moqueuse mi-sérieuse et nous conduit par le sourire à une réflexion renouvellée qui fait la part entre ces temps révolus, semblerait-il, et notre quotidien.

Vous pourrez aussi découvrir son beau recueil de textes paru précédemment aux éditions ISOLATO (voir notre rubrique...) : PROMENADE PARMI LES TONS VOISINS (cliquez ici). Un choix des photographies de PIERRE PITROU qui illustrent l'ouvrage seront exposées à la librairie la semaine durant.

20€

Joe Bousquet : Une vie à corps perdu, Edith de la Heronnière, Albin Michel

Joe Bousquet : Une vie à corps perdu, Edith de la Heronnière, Albin Michel

Edith de la Héronnière aborde, avec cet essai biographique consacré à Joë Bousquet, un nouveau pan de la mystique qu'elle avait précédemment explorée avec Teilhard de Chardin.
Elle prête sa sensibilité vibratile à une captation de l'infime, de l'intime et du mystère humain qui l'émeuvent. Elle ménage un accès clair en même temps que profond à un domaine où il n'est pas évident d'accoster, et favorise par empathie avec son sujet une compréhension de la destinée entre joie et souffrance, désolation physique et création de l'âme. Son texte est un travail d'approche qui éveille la conscience, nous faisant accéder à la compréhension de l'infirme qui est en chacun de nous et que l'orgueil masque le plus souvent à nos yeux, nous empêchant d'assumer pleinement notre condition dans toute l'étendue de son spectre, du plus haut de l'espoir au plus profond de la détresse. Il est des oeuvres qui ne se laisse pas lire par effraction. Il faut les prendre longuement dans ses mains, les réchauffer, les mettre en somme à la température de notre corps et de notre âme pour qu'ils puissent s'y tremper, s'en imprégner, en tirer tout le suc. La figure de Joë Bousquet, humainement tant que littérairement, reste énigmatique et ne se délivre pas promptement. Edith de la Héronnière nous familiarise avec elle en mêlant l'oeuvre et la vie du poète dans une alternance de leurs aspects les plus quotidiens jusqu'aux plus intellectuelement abstraits. La tentative de l'auteur est d'autant plus réussie, qu'elle éclaire dans certaines pages fulgurantes le sens d'une évolution intime à la croisée de l'impotence corporelle et de la re-création spirituelle. Joë Bousquet que tout et lui-même semblait devoir refuser à la vie, survivra à cette balle qui le foudroya sur le champ de bataille de 1918, sacrifice quasi volontaire, comme volontairement aussi il renaîtra à soi-même par la grâce de l'écriture. Cloué au lit sa vie durant par l'infirmité qui résulta de sa blessure, sa destinée fut marquée au sceau de l'amour des femmes et de l'amitié. Amitié des poètes et des peintres qui trouveront chez lui comme un écho d'absolu à leur quête esthétique. Sont convoquées dans ce texte quelques figures tutélaires de l'aventure humaine, tant hors-la-loi que poétiques, philosophiques, littéraires ou artistiques: Henri de Monfreid, Rilke, Simone Weil, Jean Paulhan, Hans Bellmer. Il fut à leur proximité, un animateur immobile. Peut-être l'énergie vitale était-elle trop puissante en lui pour qu'il ne se trouve contraint à refuser le destin ordinaire qui lui était échu, et à se façonner le sien propre. Cette renaissance il l'accomplit pour ainsi dire en laissant atrophier sa machine corporelle. Après quoi il brûla plus lentement mais d'une flamme plus pure, vive et spirituelle cette énergie trop explosive à son état natif. Livrée à sa nature primitive, elle l'aurait probablement tué plus jeune, consumé sans attendre le temps de vivre. Par métaphore, on peut dire de Joë Bousquet, ce grand corps comme dévitalisé, sans capacité d'affronter physiquement le réel, de se construire dans le réel, qu'il y a secrété son oeuvre comme une coquille, devenue sa loge, son habitacle, son vaisseau, donnant à son immobilité forcée accès aux voyages inouïs de son imagination, explorateur de ses néants intimes, l'esprit tendu comme une voile sensible au moindre souffle intérieur. Il libère son langage de toutes les formes et figures attendues, de toute soumission, comme il a libéré son être physique de sa pesanteur... en le soumettant à une pesanteur plus grande, celle de l'infirmité. Privé de la racine du corps, son écriture se déploie du côté de l'esprit à travers un langage nourrit du travail sur des mots-images, sur les faits, les sensations, et du côté du coeur par la réminiscence des sentiments, des souvenirs. Ces deux versants de son art se joignent en une mystique poétique qui en fait la saveur particulière. Spiritualisme, poésie, art, sont concentrés par son attention permanente, unis dans une contemplation méditative où il transcende la souffrance. On aurait aimé peut-être une analyse plus approfondie pour mieux apprécier l'aspect éventuellement cathare de sa pensée (joë Bousquet vivant à Carcassonne, dans une atmosphère empreinte de légendes ancestrales). Edith de la Héronnière, parcourant la galaxie intime d'un homme prisonnier de soi-même, tisse la toile qui nous permet de mieux en saisir le reflet. La tâche n'est pas achevée et ne le sera jamais de lire les textes de Joë Bousquet, d'en relier les lambeaux infiniment épars. La fin de cet essai, en particulier, est une leçon de sagesse et d'espoir propre elle aussi à toucher chacun d'entre nous, une manière d'appel au courage et à la force, force intérieure que nous recèlons: celle d'un engendrement de soi-même, d'une "mise au monde" de celui que nous portons en nous, d'une volonté de refuser la fatalité en nous imposant au réel. Un mot en conclusion pour dire à quel point l'écriture d'Edith de la Héronnière est fidèle à ce propos qu'elle annonce en introduction: faire passer. Ainsi devient-elle le "passeur", personnage de Joë Bousquet qu'elle évoque, et qui "fait le lien entre les deux côtés du miroir". Ici entre l'homme et son oeuvre.

Guillaume d'Enfert avril 2006

20€

Salaam la France, Bernard Du Boucheron, éditions Gallimard

Salaam la France, Bernard Du Boucheron, éditions Gallimard

Il s’agit d’abord de Bernard Du Boucheron. Janvier 54… Un jeune médecin débarque à Alger. Il remarque, et nous décrit, une Algérie bouillante de haines prêtes à déborder. Un style sec, implacable. Un livre oppressant, qu’on ne lâche pas…

Denis Laborey - 31 août 2010

16€90

Zone, Mathias Enard, collection Babel

Zone, Mathias Enard, collection Babel

Le train démarre. À son bord Francis Servain Mirkovic, allias Yvan Deroy, regarde le paysage défiler comme les souvenirs de sa vie qu'il compte laisser derrière lui. Une dernière mission lui rapportera trois cents mille euros, mais pour cela, il doit se rendre à Rome et rencontrer un représentant du Vatican. Il faut être prudent. Ainsi, il a menotté sa malette à l'une des barres du filet à bagages. Que contient-elle ? Un trésor innestimable : le résultat d'années de missions et d'investigations en tant qu'agent de renseignements. À elle seule, elle pourrait faire tomber des centaines de têtes : des hommes de l'ombre, des terroristes, des marchands d'armes, des trafiquants, des criminels de guerre... et tout cela grâce à son contenu : archives, CDRom, photographies...
Après cette dernière mission, peut-être pourra-t-il s'installer avec Sashka ? Ou tout du moins retrouver le calme, une vie paisible. Cependant, rien n'est gagné pour le moment.
Dans ce train qui l'amène à Rome, Francis Servain Mirkovic se remémorre sa vie une dernière fois. Il a connu la guerre d'indépendance en Croatie et celle d'Algérie. Lui revient en mémoire le sang, le viol, la cruauté, avant de devenir Agent de Renseignement et d'occuper sa « Zone ».

Mathias Enard a étudié le persan et l'arabe à L'institut des Langues Orientales. Il a passé un doctorat au CNRS dans la section monde iranien et effectué de longs séjours d'études au Moyen-Orient. Depuis, il se consacre exclusivement à l'écriture. Sa carrière d'écrivain lui a rapporté deux prix : Les Cinq continents de la Francophonie et le Prix Edmée de La Rochefoucauld. Il anime plusieurs revues culturelles et participe à la rédaction de la revue Inculte à Paris.Il enseigne également l'arabe à l'université de Barcelone.

10€50

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard, éditions Actes Sud

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard, éditions Actes Sud

En 1506, l'un des plus grands artistes connus de l'époque, le sculpteur du David, le célèbre Michel-Ange prend le risque de fuir Florence et donc le pape Jules II pour aller travailler à Constantinople.
Engagé par le sultan Bajazet pour reprendre le projet de la construction d'un pont sur la Corne d'Or que son rival Lénonard de Vinci n'a pas su dessiner convenablement, Michel-Ange entend bien réaliser une oeuvre qui marquera son temps et les générations futures.
Bien que le personnage de Michel-Ange de Mathias Enard soit souvent à court d'inspiration, dévoré par l'angoisse du manque de ressource et un tantinet paranoïaque, il parvient tout de même à nous décrire les rues de Constantinople avec beaucoup de poésie et tant de couleurs que nous aimerions connaître la romance que lui même est incapable de vivre.

Marilyn Anquetil - Jeudi 2 septembre 2010

17€

Le siècle des nuages, Philippe Forest, éditions Gallimard

Le siècle des nuages, Philippe Forest, éditions Gallimard

Un très bon moment de lecture, bien différent, nous est offert par le talent de Philippe Forest. Ce siècle est celui d’une épopée, celle de l’aviation, à nous lecteurs si bien contée ici. Ce siècle est pour l’écrivain celui d’un homme, son père, qui a vécu cette passion, a vécu un peu pour elle.
Epopée et vraie littérature, un livres pour toutes et tous…

Denis Laborey - 31 août 2010

21€50

Dernières découvertes 3

Le coiffeur de Chateaubriand, Adrien Goetz, éditions Grasset

Une fantaisie historique où l'humour se mèle à la mélancolie d'un passé surgi d'une brume de... cheveux.
Le ton intime autant que mystérieux du narrateur nous fait les complices d'une époque de longtemps révolue qui ne manque pas de nous charmer.
Guillaume d'Enfert - Mars 2010

12€

Club des incorrigibles optimistes

Le club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia, éditions Albin Michel

JEAN–MICHEL GUENASSIA, dans LE CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES nous fait vivre ou revivre la fin des années 50, à travers la rencontre d'un adolescent et d'un groupe d'exilés de l'ex-bloc soviétique, qui se retrouvent dans l'arrière-salle de la brasserie Le Balto à Denfert. Beaucoup d'humour, beaucoup de sérieux, dans cette très romanesque plongée dans un monde disparu.
Denis Laborey - Décembre 2009

23€90

Jan Karski

Jan Karski, Yannick Haenel, éditions Gallimard

YANNICK HAENEL aborde, dans JAN KARSKI ( PRIX INTERALLIE) le destin d'un polonais qui a réellement existé, dont la vie a été irrémédiablement marquée par sa découverte de la mise en oeuvre de la Shoah, et par ses vaines tentatives pour faire connaître cette abomination au monde civilisé.
Un vrai destin, un grand roman.
Denis Laborey - Décembre 2009

16€50

 

Dernières découvertes 2

Journal 1927-1928 : Héroïne, Cocaïne ! La nuit s'avance, Mireille Havet, éditions Claire Paulhan

Après avoir publié des poèmes et des contes fantastiques – La Maison dans l’œil du chat (G. Crès, 1917) et un roman à clé, Carnaval (Albin Michel, 1923) –, celle qui fut autrefois la prometteuse petite poyétesse d’Apollinaire s’enfonce dans une terrible impasse : Pas d’argent. Pas de rémission. Pas d’amis. Pas d’explication possible à leur donner qui, désormais, justifie que cet état se prolonge, du reste, et que je sois toujours empêchée de gagner normalement ma vie. Je ne suis plus un enfant qui attire la compassion et un intérêt attendri. Comme les autres, seule comme les autres, un cas entre des millions, sans autre singularité qu’un glorieux et étincelant début et une fin lamentable, complètement anonyme et obscure pour tout ce même monde qui, à 15, 16, 17 et jusqu’à 25 ans même, attendait de moi son divertissement intellectuel principal, m’accordait du génie et, en échange, me promettait une gloire sans précédent.

Tréboul, Paris, Nice, Juan-les-Pins : dans ces années 1927-1928 hantées par l'idée du suicide, passent les figures du poète Pierre de Massot, de sa compagne Robbie Robertson – qui devient celle de Mireille Havet –, de l’écrivain anglais Mary Butts, des actrices Alice Simond et Renée Fagan, de l’Américaine Norma Crandall… Désormais ses amantes sont plus désargentées ou plus égoïstes, les drogues dures ne la lâchent plus et les vrais amis s’éloignent. Mais l’écrivain Mireille Havet persiste à travers les seules pages d’injures et d’infamie de son Journal.

Jeudi 24 mai 1928: Progressivement, je le répète, comme un rouleau compresseur qui avance, ne connaît aucun obstacle et fait lentement son travail d’heure en heure, la morphine a tout détruit, tout sapé, tout anéanti, et j’ai tout perdu, mon amie, son argent, nos maisons, ma confiance, ma santé, mes années, mon talent, mon courage, ma fraîcheur, l’amour, même l’amitié, la poésie qui s’est retirée de moi comme la mer abandonne un rocher trop ingrat et qui, désormais, déchiqueté, rude, délaissé, presque effrayant dans son isolement dès lors éternel, s’élèvera seul des flots, sans oiseau et sans graine, sans terre surtout pour qu’y germent les graines apportées des oiseaux, sans rien à l’infini et dans l’Eternité que le ciel et la mer, tout deux aussi distants et aussi éloignés de lui.

J’ai tout perdu, ma vie, mon instinct de vivre, ma répugnance du mal, mon goût de me soigner. La morphine, cette écharde invisible du début, est devenue le poignard, la hallebarde qui, à travers mon corps, a transpercé mon cœur et m’a tuée, m’a clouée au sol le plus bas, à la terre boueuse où l’on m’enterrera… enfin ! La morphine, et sa sœur la cocaïne, et l’héroïne son aînée, sept fois plus dangereuse et toxique qu’aucun des poisons, ont peu à peu tout remplacé et maintenant me restent seules.

Comment voulez vous que, n’ayant plus rien, je n’aie pas fait le pacte du diable, de l’âme vendue, avec mes pires ennemies ? C’est pour les acheter que je donne mes derniers billets, que j’emprunte, mendie à n’importe qui. Je vendrai sans doute tout pour cette unique et dominante dépense qui me détruit, comme le vitriol dissout le squelette même de l’homme et ses bagues, car même tous les métaux sont détruits par lui et son acide inguérissable et brûlant.

Édition établie par Pierre Plateau, préfacée par Patrick Kéchichian.

Annotation par Claire Paulhan, avec l’aide de Roland Aeschimann, Pierre Plateau & Dominique Tiry. 13 x 21, 7 cm. 352 pages. 47 Illustrations et fac-similés n. et bl. Annexes. Index. Tirage : 1200 ex. Collection « Pour Mémoire » Isbn : 978-2-912222-33-6. Prix de Vente public : 35€.

De Mireille Havet, déjà parus :
• Journal 1918-1919 (2003) “Le monde entier vous tire par le milieu du ventre” • Journal 1919-1924 (2005)
“Aller droit à l’enfer, par le chemin même qui le fait oublier” • Carnaval (2005)
Roman autobiographique
• Journal 1924-1927 (2008) “C’était l’enfer et ses flammes et ses entailles”

Et à paraître :
• Journal 1929
• Journal 1913-1918
• La Maison dans l’œil du chat (réédition de son recueil de nouvelles et de poèmes)
• Correspondances avec Guillaume Apollinaire (nouvelle édition), avec Ludmila Savitzky

35€

 

enfant

20€90

mireille

 

36€

 

Mireille Havet (1898-1932), étoile filante de la littérature de l'entre deux guerres, qui ne survécut pas à une vie trop intense, laissa derrière elle peu d'oeuvres publiées, mais goûtées en leur temps. En marge du naufrage que fut son existence elle écrivit un journal envoûtant, à l'écriture puissamment poétique, houleuse, qui prend le lecteur au dépourvu devant tant d'ingénuité mélée de cruelle conscience des faiblesse humaines, les siennes propres comme celles de ses amis.
Ils furent illustres ou mondains: Apollinaire, Cocteau, Colette, Misia Sert, Natalie Clifford-Barney, Paul Fort, Georges Auric, Philippe Berthelot, Saint-John Perse, Jean-Gabriel Domergue, Elisabeth de Clermont-Tonnerre...

La biographie d'Emmanuelle Retaillaud-Bajac dresse un portrait détaillé, aux contours nets, de la vie turbulente et sombre de Mireille Havet, où crépitent pourtant les éclairs de son génie littéraire et d'une vitalité explosive, contrariés par une époque et des conventions que ses tentatives ne parviendront pas à bousculer.
Révoltée, esprit et femme libre avant l'heure, Mireille Havet mérite une lecture attentive et plus qu'un détour, pour la force et les beautés multiples que recèlent son Journal.
La biographe, documentée au meilleures sources, apporte à celui-ci le complément du décor historique, artistique et intellectuel qui fut celui de Mireille Havet. Elle saisit dans leur richesse et leur diversité les liens qu'elle entretint parfois d'égale à égale avec les célébrités ou les éminences d'alors. Elle décline les dons inouïs que la "petite poyétesse" d'Apollinaire fit naître sous ses pas juvéniles, mais que sa maturité cahotique ne lui permit pas de délivrer au monde.

Le nouveau volume du Journal, qui paraît aux éditions Claire Paulhan, se présentera comme les précédents avec un travail de présentation et de notes instructif et soigné auquel ont oeuvré, entre autre, Laure Murat, Pierre Plateau et Dominique Tiry.
Sa forme prolongera l'esthétique élégante de ces éditions, qui nous comblent par la conjonction de la rigueur, de l'intelligence et du raffinement.

Guillaume d'Enfert - Mars 2008

Journal Tome 1 et 2, Mireille Havet, édition Claire Paulhan

Havet

Havet

...Sur les charniers de 14-18 ont poussé des fleurs aux parfums entêtants et amers. Le sacrifice d'une génération plongea certains de ses rescapés, garçons ou filles, dans un paysage mental peuplé des fantômes de leurs frères martyrs, peintres ou poètes, dont il leur fut cruel et vain d'assumer seuls les talents défunts, les oeuvres mort-nées. Le Journal de Mireille Havet témoigne de la douleur de ces pertes dont la froide comptabilité ne saurait donner la mesure. Mesure morale qui fait que le monde est défiguré, dé-visagé, au point que l'auteur même a du mal à se reconnaître dans un miroir. Le miroir de sa vérité ce sera son journal, miroir mouvant. Partant à la dérive sur les méandres et par les tourbillons d'une sensibilité en fusion et d'un moi orphelin, elle s'exerce à une écriture de soi qui ne cède pas pour autant au narcissisme facile et mièvre des âmes blessées qui se pâment, mais se forge à force de volonté quasi-masochiste et de cruelle lucidité. Mireille Havet, irrépressiblement, se soumet au scalpel de sa plume, et loin d'être amoindrie par un tel dépecage, elle y trouve sa jouissance, sa puissance même; comme attisée par le feu de ses mots, elle se consume et renaît sur leur grill. Mais la violence n'est pas seule à donner corps à son écriture. Je ne sais plus quel auteur a jugé qu'il fallait se méfier du sang qui se transmue en encre. Ici, le lecteur intrigué d'abord par cet auteur dont le nom lui semblera sorti du néant, attiré enfin par l'expression d'une personnalité peu ordinaire, aura tôt fait d'abandonner les préventions que suscitent parfois les journaux intimes, en trouvant, là, justement beaucoup plus que de l'intime. Ce lecteur attentif sera sensible au doute quasi-philosophique, au questionnement de soi et du monde qui irriguent le texte et confinent à l'examen de conscience quotidien, à l'exercice spirituel. Chaque phrase résonne comme un miroir brisé par le refus de laisser se figer une image de soi. Aussi bien, l'autre du miroir est-il déjà mort quand je le regarde. C'est un pendant de la lutte de Jacob avec l'Ange, mais sous l'injonction d'un : Je ne te lâcherais point que tu ne m'aies maudit! Bien des pages sont aussi une mise en accusation de la société, une révolte contre ses lourdeurs, ses conventions, ses hypocrisies... qu'atteste un affranchissement moral aussi bien que physique des tabous de l'époque, jusqu'aux limites mêmes de ses propres dégoûts. A force d'en découdre avec soi, Mireille Havet pétrit son écriture, sans relâche, qui se lève victorieuse de ce travail, sur les décombres de ses amours et de ses sentiments. Son style, tendu, y gagne en puissance, en clarté, en souplesse et toujours la franchise de sa pensée jaillit d'un élan direct. Sa phrase nous entraîne, un peu étourdis, meurtris parfois, du spectacle qu'y offre son auteur - sa fièvre nous atteint. Les événements de sa vie s'y moulent tout naturellement, mais essentiellement c'est au diapason des vibrations de son âme et des émotions immédiates ou revécues qui la baignent que tout est retranscrit, et c'est bien son paysage mental qu'elle dévoile à nos yeux. Il est difficile de donner une idée d'ensemble du fleuve impétueux qu'est ce deuxième volume du Journal de Mireille Havet, couvrant sur près de six cents pages les années 1919 à 1924. Pour n'en pas fausser l'approche, il est juste de noter qu'en-dehors des pages au ton de manifeste ou de pamphlet s'y trouvent maints passages d'un érotisme suave que côtoie l'usage de drogues, et encore maints passages apaisés, voire des îlots édéniques où l'expression de la plénitude et du bonheur d'être et d'aimer offre son contrepoids aux errements des sens, des sentiments, à cette sombre mélancolie de la jeunesse perdue qui la submerge par bouffées. L'image, charnelle, naît là comme la fleur des champs, belle de santé, spontanément subtile, et fraîche comme cette herbe dont parfois l'auteur se plut à mâcher des brins. Enfin, affleure au long de cette prose avide et brute, un sens poétique inné qui scande le texte au rythme de son impulsion, un lyrisme de la phrase, une respiration, comme une vague obstinée qui vient s'écraser contre le réel. Lire son Journal, aujourd'hui qu'elle n'est plus, est une main fraternelle que nous tendons à Mireille Havet par-delà les années, comme une rupture de ce cercle de feu qu'est la solitude de l'âme. Il est triste de constater, pour qui s'éprend de cette sensibilité foisonnante aux dons en devenir, qu'elle anticipa son destin par l'obsession d'idées morbides, mais il est beau qu'au-delà d'un sentiment d'échec, elle ne pensa qu'à ses papiers, à cette écriture à qui elle voue sa vie. En léguant la totalité de ses cahiers et manuscrits à Ludmila Savitzky, elle plaça en l'amitié son espoir d'un accomplissement que nous tenons entre nos mains. Journal de Mireille Havet, journal d'une âme, travail intérieur d'un être qui cherche au plus profond de soi sa vérité et la voie pour s'y épanouir.

Guillaume d'Enfert. Février 2006.

Tome 1: 20€; Tome 2: 25€

La carte et le territoire, Michel Houellebecq, éditions Flammarion

La carte et le territoire, Michel Houellebecq, éditions Flammarion

D’abord et sans hésitation, vous pourrez (dès le 8 septembre) nous demander le dernier Houellebecq. Le livre retrace la carrière d’un peintre, qui croise à plusieurs reprises l’autre personnage principal, qui n’est autre qu’un certain… Michel Houellebecq. De multiples personnages annexes, connus ou inconnus, peuplent par ailleurs ce roman très incisif sur l’évolution de nos sociétés. Un humour corrosif, une réflexion profonde sur l’homme (et la femme) du XXIe siècle, de vraies surprises, et toujours un grand plaisir de lecture. Pour ceux et celles qui aiment Houellebecq, pour ceux et celles qui vont avoir la chance de le découvrir…

Denis Laborey - 31 août 2010

22€

Un traître, Dominique Jamet, éditions Flammarion

Un traître, Dominique Jamet, éditions Flammarion

Comment un petit jeune homme de bonne famille provinciale va devenir par paliers un collaborateur redouté de la gestapo. Le portrait sans concessions d'une certaine France des années noires, le portrait d'un homme sans histoires qui se contente d'abord d'occuper une place de traducteur auprès des forces d'occupation. De là à devenir un traître ? ... Les étapes en sont racontées avec finesse. Un roman vivant et captivant.

Denis Laborey - Août 2008

20€

L'énigme du retour

L'énigme du retour, Dany Laferrière, éditions Grasset

DANY LAFERRIERE, lui, sonde L'ENIGME DU RETOUR (PRIX RENAUDOT) en Haïti, dans unrécit qui raconte avec force et pudeur un vrai retour au pays après la mort du père, et tout ce que provoquent ces deux évènements majeurs dans sa vie.
Denis Laborey - Décembre 2009

18€

Lautréamont

Oeuvres complètes, Lautréamont, collection Pléiade

Nous vous recommandons les OEUVRES COMPLETES de LAUTREAMONT ( 45 euros, mais 39 euros jusqu'au 31 décembre 2009 ). Cette oeuvre dérangeante marque un tournant dans la littérature française, ce que montre un appareil critique abondant et passionnant.
Denis Laborey - Décembre 2009

45€

Demain, j'aurai vingt ans, éditions Gallimard

Demain, j'aurai vingt ans, éditions Gallimard

Une autre période, un autre style, c’est Alain Mabanckou. Nous sommes au Congo, dans les années 70. Un garçon de 10 ans, dans un récit coloré, nous livre une chronique familiale avec de très beaux personnages et de belles histoires d’amour, mais aussi un tableau saisissant des dix premières années de l’indépendance du pays. Légèreté et talent.

Denis Laborey - 31 août 2010

21€

Les villes n'ont pas de toit

Les villes n'ont pas de toit, Shmuel Thierry Meyer, éditions Gallimard

Pour le franco-israélien SCHMUEL MEYER, LES VILLES N'ONT PAS DE TOIT. Mais chacune a sa personnalité, voire son âme, dans ces récits admirablement écrits. Chacune de ces 21 villes du monde entier marque une nouvelle, une personne.
Denis Laborey - Décembre 2009

18€

Si tu manges un citron sans faire la grimace, Sergi Pàmies, éditions Jacqueline Chambon

Si tu manges un citron sans faire la grimace, Sergi Pàmies, éditions Jacqueline Chambon

Si vous aimez les nouvelles, n’oubliez pas d’acheter ce merveilleux recueil de Pamies. SI vous n’aimez pas les nouvelles, n’oubliez pas d’acheter le dernier Pamies. Car vous allez changer d’avis. De l’ironie, de l’humour assez noir, et puis rien de l’être humain ne lui échappe…. La perfection en littérature, au prix modique de 13€75, il ne faut pas rater cela…

Denis Laborey - Novembre 2008

15€

Les enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel, Livre de poche

Les enchantements d'Ambremer, Pierre Pevel, Livre de poche

Il était une fois, en France, un mage possedant beaucoup d'allure, avec la fâcheuse manie d'inventer des choses bruyantes, et une fée renégate, belle à en mourir, possédant la mauvaise manie de voler. Ce pourrait être un roman de fantasy classique si tout cela ne se passait pas en france à la fin du 19ème siecle, si le compagnon du mage n'etait un chat ailé qui, pour lire, se couche sur les livres afin de s'en impregner et si un des serviteurs de cette fée n'étaient un gnome à la gouaille parisienne. Dans se monde imaginé par Pierre Pevel, les fées se sont révèlées à l'homme, la raison pour laquel il y a des cercles de mages et que les hommes peuvent atteindre Ambremer, le monde des fées, en métro. Que se passe-t-il quand le royaume d'Ambremer est menacé et quel répercution cela a-t-il sur le monde humain? C'est passionnant comme peut l'être Dumas et enchanteur à la maniere de Marion Zimmer Braddley. Un voeux après sa lecture? Rester à jamais dans se monde fantastique. Un livre qui donne envie de croire aux fées.

Marie-Hélène Mariette - Avril 2008

6€

L’Amant des morts, de Mathieu Riboulet, éditions Verdier 2008

Sous un titre énigmatique et âpre, le 8è et dernier roman de Mathieu Riboulet est une réplique par l’espoir à la violence aveugle du réel. Espoir en l’homme malgré les vicissitudes de la vie, malgré les incertitudes de la famille, malgré les impasses de la société. Son propos, pour grave qu’il puisse être laisse sa place à l’humour, à un amical mordant aussi, à l’égard de personnages qui ont leurs faiblesses, comme chacun d’entre nous. Le livre n’est ni une leçon, ni une démonstration, plutôt un état des lieux, du lieu mouvant de nos êtres, de nos sentiments, de nos corps, qui se forgent à grands coups pris enre le monde qui les entoure et le silence de nos questionnements. Même s’ils sont inutiles, ces questionnements, pour accomplir ce qu’on nommait autrefois avec quelque sérieux un destin, c’est à dire un parcours dont il est vain d’interroger la direction. (p. 65).
Le parcours de Jérôme Alleyrat, personnage central du livre, prend un teinte mystique, se fait chemin de croix vers un destin insoupçonné que le monde et les hommes lui révèlent, à travers sa brutale et lente éclosion. Personnage rédempteur, il évoque l’ange du Théorème de Pier Paolo Pasolini, à cette différence près qu’au lieu d’inoculer le trouble et de laisser le désarroi envahir et brûler les coeurs et les corps, il révèle les failles d’une terre déjà soumise à la souffrance dont il vient soulager les hommes. Figure christique assurément, mais le texte reste sans concession pour autant à une quelconque église, “César” à qui Mathieu Riboulet rend ce qui lui revient de juste hargne: « Plutôt morts qu’enculés », le mot d’ordre répandu au long des siècles sous diverses formes par l’engeance religieuse et la pègre du puritanisme, son bras armé... (p.86).
L’écriture de Mathieu Riboulet n’est pas d’un vain polémiste, mais celle d’un auteur maître de sa langue, de son style, pour qui compte avant tout l’humaine détresse, à laquelle, comme nous l’avons dit en commençant, il apporte le baume de l’espoir avec cet Amant des morts.

Guillaume d’Enfert, Octobre 2008.

Extraits

p. 22: On en était là quand Elisabeth vit que le mal était fait, qu’il oeuvrait sous son toit. La violence et la moiteur de l’échange semblaient s’être étendues aux murs, aux meubles, aux rideaux défraîchis, aux fruits dans cette coupe.
On en était là. La mère en allée, le plateau renvoyé à l’hiver de toujours, les longues herbes jaunes brûlées par le froid, le silence des oiseaux, les fermes dont la neige redoublait l’isolement. Et toujours, éparpilllée aux quatre coins du monde, la désolation ordinaire, le lot des hommes de peu, l’inépuisable énergie des femmes combattant la misère qui leur tenaille les mollets, et partout la souffrance ravalée, l’immense naufrage des volontés humaines, la douleur jetée au pied des autels, l’interrogation des enfants muets, inertes, brisés dans la cour des écoles, à demander « à Dieu pourquoi les larmes sont douces aux affligés ». Et toujours la voix de fin silence en guise de réponse. On en était là, où plus rien ne s’annule mais tout s’ajoute, les peines aux peines, les efforts aux efforts, les victoires aux défaites et les jouissances aux possession dans une grande tension fatale.

p. 91: De tout cela nous ne tirons nulle gloire, du temps que nous étions vivants nous l’étions parce que d’autres étaient morts , avant nous, et mouraient, à nos côtés, des diverses calamités qui nous assaillent depuis l’apparition du verbe. Ni gloire, ni culpabilité: la claire conscience que tout cela, qui nous a faits, sur quoi nous nous sommes brisés, ne sera bientôt plus qu’un tout petit sursaut indécelable à l’échelle du corps céleste dont, depuis les siècles des siècles, nous sommes l’émanation contrainte et forcée.

L’actualité de Mathieu Riboulet:

-Librairie

Le dimanche 12 octobre à Paris
Dans le cadre de la manifestation Lire en fête , Mathieu Riboulet participera à une lecture/rencontre autour de son livre L’Amant des morts à la librairie les Cahiers de Colette, à 16h.
Les Cahiers de Colette 23/25, rue Rambuteau 75004 Paris Tél. : 01 42 72 95 06

Le jeudi 13 novembre à Toulouse
La librairie Ombres Blanches invite Mathieu Riboulet autour de son livre L’Amant des morts.
À 16h : rencontre avec les étudiants de littérature comparée de l’Université Toulouse le Mirail.
À 18h : rencontre avec le public
Ombres Blanches 50, rue Gambetta 31000 Toulouse Tél. : 05 34 45 53 33

Du lundi 17 au dimanche 30 novembre en Franche-Comté
L’édition 2008 des « Petites Fugues », organisées par le Centre régional du Livre de Franche-Comté, qui aura pour thème « À contretemps », accueillera notamment Didier Daeninckx, Mathieu Riboulet et Pierre Silvain.
Rens. : CRL de Franche-Comté 2, av. Arthur-Gaulard 25000 Besançon Tél. : 03 81 82 04 40
Courriel : crlfc@wanadoo.fr

-Journaux

Le Matricule des anges – numéro d’Octobre 2008

Le matricule des anges

-Radio

Le mardi 28 octobre sur France Culture
Alain Veinstein s’entretiendra avec Mathieu Riboulet, autour de son livre L’Amant des morts, dans « Du jour au lendemain », à 23h30.

-Internet

- Retrouvez la 10e édition des Correspondances de Manosque, qui se sont tenues du 24 au 28 Septembre 2008 avec entre autres, deux lectures de L’Amant des morts:

Mathieu Riboulet lit un extrait de son roman “L'Amant des morts”.
http://www.telerama.fr/livre/lectures-l-amant-des-morts-par-mathieu-riboulet,33786.php
Barbara Carlotti lit un extrait de “L'Amant des morts”, de Mathieu Riboulet, une « étonnante interprétation », selon Christine Rousseau, du journal Le Monde en date du 3 Octobre 2008
http://www.telerama.fr/tag/correspondances-de-manosque/

Retrouvez sur internet des articles à propos de de Mathieu Riboulet
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-1102493.html
http://www.actualitte.com/dossiers/263-amant-morts-Mathieu-Riboulet-sida.htm
http://psykokwak.livejournal.com/69999.html
http://www.telerama.fr/livre/mathieu-riboulet-l-amant-des-morts,32452.php#xtor=RSS-18
http://www.hollyweb.org/Guillaume-et-les-sortileges-actualites-film-sortie-cinema-225.html
http://lesirreguliers.unblog.fr/2008/09/11/mathieu-riboulet-ceci-est-mon-corps/

Avec Bastien

Avec Bastien, Mathieu Riboulet, éditions Verdier

Avec son dernier "portrait", Mathieu Riboulet donne à son écriture l'âpre souplesse d'une langue de moraliste. Cette voix, qui monte déjà depuis ses trois ou quatre derniers livres, jaillit ici sous la forme d'un portrait à trois faces, comme ces miroirs qui se renvoient l'un l'autre leur reflet. Portrait de Bastien, en fond d'écran, réalité virtuelle d'un corps pour tous. Portrait de Nicolas, fantôme omniprésent d'un amour rêvé. Portrait du narrateur enfin, qui dévoile à travers ses visions un fragment de son âme et de ses raisons d'être.
Un beau texte, qui définit le parcours et les modulations d'une oeuvre exigeante.

Guillaume d'Enfert - Jeudi 26 Août 2010

13€80

Pour voir la vidéo de Mathieu Riboulet sur Daily Motion cliquez ici.

Pour en savoir plus, consultez l'article du Magazine Littéraire de septembre 2010 n°500 : "Riboulet, biographe d'un fantasme" par Augustin Trapenard (page 44) et l'entretien de Stanislas Rigot, libraire à Lamartine, "Une autre histoire de l'oeil, entretien avec Mathieu Riboulet" publié au magazine la Page des Libraires (page 139).

Dernières découvertes 2

A quoi tient la beauté des montagnes, Franz Schrader, éditions Isolato

Court texte de 1897 qui s'accorde parfaitement au souci actuel des hommes face au désastre écologique en cours. Mais il pose aussi en phrases simples et belles les questions philosophiques et esthétiques qu'inspirent les spectacles qui renvoient l'homme à sa mesure infime dans l'univers.
Matière donc à méditation, réflexion et action.

Guillaume d'Enfert - Avril 2010

12€

Dernières découvertes 2

Alberg, Jacques Tallote, éditions de la Table Ronde

Un labyrinthe d'images où le rêve et la réalité se confondent parfois, s'exorcisent l'un l'autre, et qui prennent le lecteur au piège de leurs énigmes.
Une tension où l'angoisse point sur fond de poésie visuelle.
Guillaume d'Enfert - Mars 2010

16€

sentinelles

Les sentinelles, Bruno Tessarech, éditions Grasset

BRUNO TESSARECH , très injustement oublié par les Prix et par trop de médias, aborde avec un grand sens du romanesque un thème très proche. LES SENTINELLES sont ceux, là encore, qui cherchent à faire émerger cette terrible vérité de la volonté, puis de la mise en application, de la destruction des juifs d'Europe.
Denis Laborey - Décembre 2009

19€

Yanvalou pour Charlie

Yanvalou pour Charlie, Lyonel Trouillot, éditions Actes Sud

LIONEL TROUILLOT , dans YANVALOU POUR CHARLIE nous montre un haïtien qui a réussi socialement, qui vit dans sa bulle  et n'a que faire de l'effrayante misère de son pays et des gens qui l'entourent. Survient dans sa vie un jeune délinquant que sa famille lui met dans les pattes. Il songe d'abord à le mettre dehors. Cette intrusion va faire vaciller cet édifice qu'il s'est construit pour se protéger, jusqu'à le mettre face à ... l'être humain devant lui et en lui-même.
Très maîtrisé, c'est à ce roman que nous aurions donné le Premier Prix.
Denis Laborey - Décembre 2009

18€

Librairie L'Oeil Ecoute
77, boulevard du Montparnasse
75006 Paris
Tel : 01.45.48.27.62
Fax: 01.42.22.44.61
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